Une vie de chien
Entre trois mille et cinq mille chiens, affectes à la surveillance de la frontière interallemande, ont perdu leurs fonctions en raison de l’ouverture de la frontière. Ils sont menaces de mort, selon le président de la société ouest-allemande de protection des animaux.
Les anciens gardes-frontières quadrupèdes, des bergers allemands pour la plupart ont trouvé des parents adoptifs, mais ils en restent en nombre dont le destin est incertain. Il s’agit pourtant de vrais professionnels.
L’écrivain russe Alexandre Soljenitsin, auteur de l’Archipel du Goulag, a cerné le premier les conséquences techniques de ce bouleversement sur la marche des Services. Dans un récit, publié il y a une quinzaine d’années, il décrit le recyclage spontané des chiens de garde restés sans emploi après le démantèlement d’une partie de l’archipel concentrationnaire. En quête de travail et de nourriture, les hordes de chiens errants se retrouvent dans les rues d’un petit ville le jour d’une fête quand les citoyens se rassemblent sur la place centrale pour exprimer leur enthousiasme envers le socialisme. Les chiens se rangent spontanément des deux cotes des colonnes des manifestants et les empêchent de se séparer à la fin de la fête.
Il faut écrire l’histoire des chiens de garde pour mieux comprendre le sens de l’Histoire. Partout dans le monde leur rôle a été toujours essentiel. Sans chiens de garde aucun système totalitaire ne peut durer.
Les pays de l’Est ont besoin d’équilibrer leur balance commerciale, l’exportation des Services est un moyen efficace.
Reste le problème des chiens trop vieux ou trop méchants, les inadaptables donc. Les humanistes de la société des animaux ouest-allemande proposent la piqûre pour les inadaptables. On peut proposer la mise aux enchères des chiens mais on ne doit pas oublier leurs maîtres. Les professionnels, les vrais, ont été toujours à bon prix. Ils trouveront sûrement des employeurs. Les vieux seront éliminés en douceur, aucun doute par contre que les qualités des jeunes chiens de garde seront appréciées sur le marché libre, tant à l’Est qu’a l’Ouest.
Dan CULCER
Chatenay-Malabry, 1990
Text trimis la ziarele Le Monde și la Tribune de Genève. Nu am verificat nici acum, nici atunci dacă a fost publicat. Dar parabola câinilor de pază mi se pare perfect adecvată pentru descrierea epocii de după 1989 cu reciclarea perpetuă a câinilor de pază.
« Cercetarea lui George Voicu seamănă cu gestul energic al omului care deschide larg fereastra, într-o încăpere neaerisită. Ne atrage atenţia, implicit, că nu e suficient să examinăm cvasi-dispariţia evreilor din cultura română de azi , sau uciderea lor, în timpul Holocaustului. E necesar să rememorăm premisele şi contextele care au putut face toate acestea cu putinţă. »- scrie Laszlo Alexandru în revista sa electronică , recenzând cartea lui George Voicu, Radiografia unei expatrieri: cazul Lazăr Şăineanu , recent publicată de Institutul Naţional pentru Studierea Holocaustului din România “Elie Wiesel” de la Bucureşti. Voi citi negreșit cartea lui George Voicu. Tocmai fiindcă probabil rememorează nu doar premisele și contextele cvasi-dispariției ci și cele ale prezenței evreilor în cultura română. Fiindcă, tocmai acest aspect este adesea eludat de cercetarea românească. George Voicu scria proză și lucra, înainte de 1989, în momentul în care m-a contactat printr-o scrisoare la reviste...
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