miercuri, 6 iulie 2011

Călătorie în Editocrație. "Se non è vero, è ben trovato."

Dintr-o sursă pe care nu o pot verifica, aflu că în SUA se organizează o competiție pentru cele mai adecvate definiții ale unor termeni contemporani. Pentru competiția din 2010 termenul de definit a fost "corectitudinea politică". Câștigătorul a dat următoarea definiție:
« Corectitudinea politică este o doctrină, cultivată de o minoritate delirantă, ilogică, promovată de mass-media oficială, care susține afirmația cum că este întrutotul posibil să apuci o bucată de căcat de partea curată. »
Această definiție ar trebui aplicată, eventual adaptată pentru activitatea unor propagandiști, editorialiști de tipul lui Bernard Henri Levy sau Petru Clej, a căror gândire ideologică are profunzimea unei bălți, originalitatea unui fițuici și transparența unui ferestre de budă pe care generații de căcănari și-au șters degetele, în lipsă hârtiei igienice.

Propagande médiatique, politique, idéologique

«Propaganda este pentru democrație ceea ce este violența pentru dictaturi.» Noam Chomsky

Voyage en Éditocratie, Présentation d’un très bon livre

Dix paires de couilles bien blanches et bien bourgeoises, dans la fleur de l’âge (la cinquantaine ou la soixantaine) [1], toutes bien nées, bien friquées et tout ce qu’il y a de plus hétéro et fier de l’être... Qui sont-ils ? Allez, un indice supplémentaire : ils expliquent quotidiennement au bas peuple, aux vieux, aux jeunes, aux femmes, aux homos, aux immigré-e-s et à tou-te-s les autres ce qu’est la vie, ce qu’il faut en penser et surtout pourquoi il est urgent de « se serrer la ceinture », de baisser la tête et de fermer sa gueule… Vous les avez reconnus : ce sont les éditocrates ! C’est à ces vingt couilles blanches à doublure argentée – le flamboyant Bernard-Henri Lévy, le sémillant Jacques Marseille, l’omniscient Jacques Attali, le visionnaire Nicolas Baverez, le débonnaire Laurent Joffrin, l’inusable Alain Duhamel, le juvénile Christophe Barbier, le viril Ivan Rioufol, le patibulaire Philippe Val et le gros Alexandre Adler – qu’ont décidé de s’en prendre quatre excellentes plumes de la presse dite alternative : Mona Chollet, Olivier Cyran, Sébastien Fontenelle et Mathias Reymond. Le résultat est un très bon livre intitulé Les éditocrates, drôle et en même temps fort instructif sur cette petite caste qui ne connaît à peu près rien à rien mais s’autorise, comme dit le sous-titre du livre, à parler de (presque) tout en racontant (vraiment) n’importe quoi. En voici l’introduction, signée Sébastien Fontenelle


Sebastien Fontenelle
Mardi 24 Novembre 2009

Voyage en Éditocratie, Présentation d’un très bon livre

Les éditocrates font partie de nos vies. Ils sont un élément familier de notre environnement quotidien, comme les placards publicitaires sur les murs de nos rues, ou les platanes au bord de nos routes. Avec, cependant, cette différence de fond que les affiches et les platanes ne parlent pas. Les éditocrates, si.
Ils parlent même tout le temps, du matin au soir, du soir au matin, du lundi au dimanche. Et partout : dans la presse écrite, à la télévision, à la radio, sur Internet. Ils ne se taisent jamais : c’est à cela, aussi, qu’on les reconnaît. Quiconque a fait le pari un peu fou de traverser toute une semaine sans se cogner sur Jacques Attali ou Bernard-Henri Lévy à tous les coins de médias sait, pour avoir fait là l’amère expérience de l’échec, qu’un tel défi est impossible à relever.
Ils font partie du paysage, et certains sont là depuis très, très, très longtemps : on est pris de vertige, quand on réalise que l’homme n’avait pas encore marché sur la lune quand Alain Duhamel a écrit sa première chronique, en… 1963.
Loin – très loin – des contingences des petites mains du journalisme, les éditocrates se sont érigés en crème de l’aristocratie médiatique, en élite au sein de l’élite, soigneusement cadenassée. Où l’on n’entre que par cooptation, après avoir montré patte blanche. Après s’être coulé dans le moule d’une complète adhésion aux dogmes de l’époque. Après avoir pieusement psalmodié, parmi d’autres mantras, qu’il n’y a aucune alternative à la loi absolue du marché – celle du renard libre dans le poulailler de la concurrence « libre et non faussée »…
Car on ne naît pas éditocrate. On le devient à force d’application, au prix de l’abandon de toute velléité de penser par soi-même et d’une soumission absolue à l’air du temps. L’itinéraire d’un Philippe Val, passé en quelques années de la direction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, où il moquait avec délectation les « amis de Bernard-Henri » (Lévy), à celle de France Inter, où il se compte au nombre des bons amis de « Bernard-Henri », est à cet égard exemplaire.
Omniscients, les éditocrates ont un avis sur tout (et l’obsession de le faire partager au plus grand nombre). Ils peuvent, avec la même assurance, disserter un jour de la crise financière – péripétie incontestablement regrettable, mais qui ne saurait au fond remettre en question l’excellence du modèle capitaliste –, puis le jour d’après de la disparition de Michael Jackson ou de l’urgente nécessité d’économiser l’eau du robinet, puis encore, le surlendemain, de la guerre d’Afghanistan – d’où les troupes d’occupation de l’OTAN ne sauraient se retirer sans exposer l’Occident à de pénibles périls.
Interchangeables, les éditocrates parlent surtout d’une seule et même voix, pour dire tous (presque) la même chose. Et pour cause : par-delà d’éventuelles nuances dans l’expression de leurs opinions – question de forme – ils sont, au fond, d’accord sur (presque) tout, dans un unanimisme qui transcende les appartenances politiques. Quand l’un, Laurent Joffrin (de Libération), dénonce par exemple l’« État obèse », un autre, Ivan Rioufol (du Figaro), prétendument calé à l’autre extrémité de l’échiquier politique, fustige quant à lui l’« État-mamma ». En vrac, ils stigmatisent le « modèle social français » (évidemment) coûteux et inefficace, les « privilèges » de toutes sortes (surtout ceux des fonctionnaires) – et gémissent, dès que sa population met un bout d’orteil dans la rue, que la France, rongée par d’ancestrales passions révolutionnaires, est « impossible à réformer ».
Ils se répondent, dans un même chœur, pour déplorer des entraves à l’esprit de libre entreprise qui n’existent que dans leurs imaginations. Et ainsi de suite : quand l’un, Nicolas Baverez, qui a conseillé Nicolas Sarkozy, observe, choqué, que le Parti socialiste français « n’a pas fait son Bad Godesberg » [2], un autre, Bernard-Henri Lévy, qui a conseillé Ségolène Royal, déclame, comme en écho, qu’il faut pour le Parti socialiste français, « plutôt vite que tard, […] un vrai Bad Godesberg, un Bad Godesberg bien solennel » [3].
Et tous de tomber d’accord, à l’heure où le chef de l’État français – Nicolas Sarkozy, tel qu’en lui-même – juge qu’il y a tout de même « trop de musulmans en Europe » [4] pour considérer que l’islam pose en effet de sérieux problèmes à l’Occident. Ce qui leur donne souvent l’occasion de tirer la « sonnette d’alarme » et de clamer à tout bout de champ que « la République est menacée par le communautarisme ». Frissons garantis…
Bien évidemment : les éditocrates s’érigent en prétendus « briseurs de tabous », en courageux pourfendeurs du « politiquement correct » et de la « pensée unique », alors même qu’ils sont les plus éminents représentants du conformisme intellectuel et politique le plus étroit.
De fait, par une permanente réinterprétation des mêmes psaumes, par la récitation, jour après jour, des mêmes vraies-fausses évidences, par le développement obsessif des mêmes clichés mensongers, ils fabriquent, en permanence, du consentement [5] : ils entretiennent un public captif dans la résignation, dans l’acceptation passive d’un système où le salarié ne trouve pas forcément son compte, mais dont eux-mêmes n’ont, certes, guère à se plaindre.
Pour ce faire, ils biaisent continuellement la réalité, la tordent et la contrefont au besoin, pour mieux la faire entrer dans leur cadre idéologique : les éditocrates tiennent le fait vrai pour quantité négligeable. Mais ils sont leurs propres arbitres et jouissent par conséquent d’une totale impunité. Ils peuvent donc, très librement, raconter n’importe quoi, se ridiculiser même, lorsque, découvrant soudain les menus travers du capitalisme financier, ils font mine de brûler – à très petit feu, il est vrai – ce qu’ils ont toujours adoré : jamais cela ne les disqualifie. Puis ils ont pour eux cet atout, qui les protège des affres du doute : ils ne connaissent pas la honte. De sorte qu’ils continuent à « donner le la » du prêt-à-penser médiatique.
On trouvera, dans les pages qui suivent, les portraits de dix de ces folkloriques personnages. D’autres que ces dix-là (point si nombreux toutefois, tant l’éditocratie est concentrée) auraient certainement eu toute leur place dans cette galerie. Comme Jacques Julliard, du Nouvel Observateur, minutieux artisan autrefois de la « deuxième gauche », devenu le témoin consterné (mais consentant) de la débâcle entraînée par le ralliement au marché des socialistes. Ou l’inévitable Alain Minc, rescapé de tout, ami autoproclamé des grands et des puissants, qui se présente, sans rire, comme le « dernier marxiste » de France. Et quelques autres encore : l’inimitable Alain-Gérard Slama. L’inénarrable Bernard Guetta. La pétulante Caroline Fourest. Liste non exhaustive…
Mais dix faisaient un compte rond et, on l’espère, une divertissante photographie du pays des faiseurs d’opinion.

Post-scriptum

Les éditocrates, de Mona Chollet, Olivier Cyran, Sébastien Fontenelle et Mathias Reymond, est publié aux Éditions La Découverte. 196 pages. 12,50 euros

Notes

[1] Mis à part le petit dernier, le quadra Christophe Barbier.
[2] Le Point, 16 décembre 2004. Bad Godesberg est le nom du congrès du Parti social-démocrate allemand, qui décida sa rupture avec le marxisme en 1959.
[3] Bernard-Henri LEVY, Ce grand cadavre à la renverse, Grasset, Paris, 2007.
[4] Comme l’a révélé le 14 novembre 2007 Jean Quatremer sur son blog.
[5] Noam CHOMSKY et Edward HERMAN, La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie, Agone, Marseille, 2008
http://lmsi.net/spip.php?article961 http://lmsi.net/spip.php?article961

luni, 4 iulie 2011

Preşedintele României a provocat o furtună de indignare în cadrul Ministerului rus de Externe

Fără îndoială, din punct de vederea diplomatic, declarațiile lui Traian Băsescu, cu privire la solidaritatea sa principială și morală cu deciziile militare și politice ale lui Ion Antonescu, conducătorul statului România la 1941, sunt de o inabilitate și de o lipsă de oportunism politic (sau poate, dimpotrivă?) excesive. Dar nu știm ce se află în spatele lor, prostie, abilitate, căutarea de capital electoral sau indicații americane?

Rămâne totuși limpede că România a intrat, atunci, în iunie 1941 nu într-un război de cucerire ci într-unul de eliberare națională. Era de datoria militarului Ion Antonescu să profite de posibilitatea inversării de scopuri a politicii germane. Să fi așteptat ce? Bunăvoința sovietelor?
Nu mai are rost să tot pritocim cu interpretări bazate pe criterii actuale deciziile și evenimentele istorice care au avut loc în contexte diferite. Ion Antonescu avea de luat decizii atunci.
Traian Băsescu a zis că dacă ar fi trăit atunci ar fi făcut la fel. Un condițional care nu se poate împlini. O ipoteză. O uchronie, deci. Declarație cam orgolioasă, fiindcă Traian Băsescu nu are și nu va avea statura istorică a Mareșalului.
Basarabia era și este teritoriu românesc, prin majoritatea populației sale, principiile wilsoniene care se aplicau atunci îndreptățeau alipirea Basarabiei la România la 1919, prin autodeterminarea națională, răpirea frauduloasă și violentă a Basarabiei a fost un șantaj reușit în condițiile amenințării cu un război.
Deci războiul României, pentru recucerirea Basarabiei, era unul cât se poate de legal, răspuns la agresiunea ultimatului sovietic, expresia unui pact secret a sovietelor cu Germania nazistă. Ministerul de externe rus induce confuzii când protestează, identificându-se cu politica agresivă a Rusiei staliniste. Dacă, după 1990, Rusia, din proprie inițiativă, ar fi denunțat Pactul Hitler-Stalin, lucrurile ar sta altfel. Ar avea dreptul la indignare. Comentatorii români ar trebui să nu mai amestece sub umbrela indignării diplomatice adevărul istoric și diplomația.